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Voici la teneur de cette visite, un reportage de monsegur33.over-blog.com dont vous verrez les images ici, ainsi que celles du stand Orgue et Culture au forum des assos:
Visite commentée de l'orgue de Monségur, 13 septembre 09
Madame Brannens a invité le public intéressé à se rendre à la tribune, cependant qu'elle utilisait un micro relié à une sono, pour que les personnes empêchées d'emprunter l'escalier en colimaçon, puissent suivre la présentation.
Le but de cette visite était non seulement d'émettre des hypothèses sur la construction et l'assemblage de l'orgue de tribune, de donner des explications sur ses transformations et améliorations, de dévoiler son fonctionnement mécanique, mais encore de mettre en valeur les différentes possibilités de cet instrument, qui, répétons-le, possède un clavier de 4 octaves et demies, une pédale en tirasse sur les deux premiers octaves, six registres dont 4 de 8 pieds, un de 4 pied et un de 2 pieds, ainsi que d' illustrer le travail préliminaire de l'organiste pour adapter son jeu afin d'être en mesure de rendre toutes les subtilités et le caractère de chaque oeuvre.
Le clavier de notre orgue demeure "dur" malgré les améliorations qui ont été apportées en 1982, mais les organistes qui le jouent ou l'ont joué ont un amour particulier pour cet orgue qui possède une belle harmonie, une belle sonorité que nous cultivent amoureusement nos facteurs d'orgue Pellerin et Uys de Poyartin. Nos musiciens mettent tout en oeuvre pour tirer le meilleur de cet instrument qui, si on sait le mener avec doigté, permet d'interpréter la majeure partie du répertoire organistique , tant ancien que contemporain.
Le travail des organistes, et en particulier celui des organistes liturgiques de paroisse est encore très mal connu et peu apprécié à sa juste valeur (accompagnement des cantiques, improvisations accompagnant les diverses parties de chaque célébration, respectant leur "timing" et leurs "respirations", choix d'oeuvres courtes la plupart du temps et au caractère en accord avec les textes de la liturgie comme avec les possibilités d'instruments du plus modeste au plus grand, célèbre et réputé)
Un croquis (ou une photo) valant mille mots, notre vice présidente s'est appuyée sur des documents iconographiques personnels pour parfaire ses explications techniques.
Pénétrer dans l'orgue étant impossible, elle a éclairé les interstices entre les tuyaux de montre pour que soient aperçus, à l'intérieur du buffet, par exemple, le registre de bourdon, avec ses calottes rondes très particulières dont il a déjà été parlé dans un article précédent.
Mademoiselle Jean a rapporté les propos de Marcel Marniesse (président fondateur d'Orgue et Culture) l'orgue proviendrait (certains de ses jeux?) de l'église St Louis des Chartrons qui a remplacé ses orgues anciennes par un merveilleux et unique instrument symphonique (Wermer-Maille) commandé en 1881. Hypothèse que Mlle Jean pense corroborée par le fait que le maître verrier de St Louis des Chartrons et l'architecte Charles-Louis Brun furent les mêmes que ceux de l'église de Monségur à la même époque et dans le même style néogothique. L'orgue ou du moins son assemblage à partir de jeux provenant de différents endroits (voir article précédent) et la construction de son buffet dans l'église de Monségur seraient contemporains de la construction de la voute et de la fabrication des vitraux, c'est-à-dire 1880, comme en atteste l'inscription sur un vitrail .
Madame Brannens ajoute que la facture néogothique du buffet tend à conforter cette hypothèse, quant aux jeux divers, ils sont originaires de plusieurs lieux, comme on peut le lire dans l'article précédent qui donnait la composition de l'orgue.
Monsieur Georges Marniesse, frère de Marcel Marniesse, rapporte que la soufflerie était actionnée manuellement par une pensionnaire boiteuse de l'hospice, elle pensait que c'était "elle qui jouait de l'orgue", elle se trouva très dépitée lorsque Monsieur Cazaux installa un moteur pour actionner le soufflet, ce moteur fut lui-même remplacé en 2001, par un matériel plus petit, plus puissant et plus silencieux.
Extrait de l'exposé de Madame Brannens sur:
Familles de jeux et registration sur l'orgue de Monségur:
Les jeux de fonds sont des jeux de tuyaux à bouche, le jeu de référence ou "étalon" est le prestant, pauvre en harmoniques, les facteurs d'orgue l'accordent avec un soin tout particulier puisque servant de diapason à l'orgue.
Nous avons sur cet orgue un jeu de montre de 8 pieds en façade, proche du prestant mais plus grave, sa sonorité ici n'est pas éclatante, elle se rapproche de celle du registre de flûte 8 pieds sur cet instrument. Les tuyaux de montre comportent en général une plus grande part d'étain que les tuyaux à l'intérieur du buffet, ce qui leur donne (ou devrait leur donner) un aspect plus brillant.
Nous avons donc également un jeu de flûte de 8 pieds, de sonorité plus feutrée et plus "ronde" que celle de la montre, et un jeu de bourdon de 8 pieds, jeu bouché donc très doux, dont la particularité dans cet orgue est d'être couvert d'une calotte ronde.
La trompette, fait partie de la famille des anches. Combiné aux autres registres et en particulier au bourdon et à la doublette, il permet d'enrichir la sonorité en harmoniques.
Cet orgue possédait un salicional 8 pieds, la sonorité du salicional est proche de celle du violoncelle ou de la voix céleste mais en nettement plus fort. Ce jeu fait partie de la famille des jeux de fonds, et des gambes .
L'orgue était donc constitué à l'origine de 5 jeux de fond de 8 pieds et d'un jeu d'anche: la trompette. La trompette et le salicional très sonores écrasaient l'ensemble et lui donnait un aspect solennel et pompeux. Je n'arrive pas à me souvenir si sa sonorité servait particulièrement bien le répertoire romantique.
Le remplacement de ce jeu de salicional par celui de doublette de 2 pieds qui fait partie des mixtures et qui est aigu, a permis d'ouvrir les possibilités de registration et d'alléger l'ensemble.
La trompette, même rééquilibrée par nos facteurs d'orgue pour que l'ensemble soit harmonieux, demeure forte, elle couvre facilement les autres jeux.
Les combinaisons de registres les plus fréquentes que j'emploie à Monségur:
P+B fait ressortir le jeu de la main gauche
P+T complète la pauvreté du prestant en harmoniques
P+M (ou F)+D (+B) = plein jeu
P+B+D = faux jeu de tierce puisque nous n'avons pas de nasard ni de tierce
auquel on ajoute la trompette pour donner éclat avec parcimonie ici pour que l'on puisse distinguer les lignes mélodiques.
Il est possible de jouer des oeuvres réclamant plus de claviers et une registration riche, il faut alors"jongler" avec les octaves, les changements rapides de registration, c'est un art dans lequel excelle notre ancien président M.G. et auquel je tente humblement de m'initier.
Bien que cet orgue, au départ ait été sans doute conçu pour la musique romantique (présence du salicional), le remplacement de ce jeu de 8 pieds par la doublette de 2 pieds lui donne une sonorité particulière valorisant le jeu de musiques anciennes, ces musiques que j'affectionne particulièrement m'ont conduite à privilégier aujourd'hui des extraits de musique du XVII et XVIII siècle, je réserverai cependant un petit temps aux improvisations plus modernes et nécessitant l'emploi de la pédale en fin de présentation.
(extrait de la présentation rédigé par Mme Brannens qui autorise sa reproduction sur ce site)
Pour illustrer la présentation des différents jeux et combinaisons de registres, Madame Brannens avait préparé de larges extraits des musiques suivantes:
-Chantons je vous prie de Claude Balbastre (1724-1799): démonstration de chaque jeu sur la première phrase musicale, puis combinaisons B+D, B+P+D, B+P+D+T
- Cantabile de Noël Rawsthorne (contemp 1929) suivi d'Aria K32 de Domenico Scarlatti (1685-1757) : démonstration B+P puis B+M et B+F)
-Carillon de Haynd (1732-1809): démonstration de B+D octave 4
-Fanfare de Purcell en do majeur (1659-1695): B+D/B+P+T il faut aménager la partition pour que le chant demeure lorsqu'on met la trompette / musique avec pédale
-Bransle de basque en fa majeur de Louis Couperin (1626-1661) : démonstration B+P puis B+D
- Scottih Music en fa majeur de John Barrett (époque baroque): démonstration de B+D+P puis B+D+P+T
-Toccata en do majeur de Carlos Seixas (1704-1742): démonstration B puis B+D
-Noël IV de D'Aquin (1694-1772) qui se joue habituellement sur les anches et le cornet en solo, pour illustrer comment aménager son jeu: changement fréquent de registres, changement d'octaves B+P, B+P+D, B+P+D+F+M, B+P, B+P+F, B+M, B (octave 4), B+T
-"Ave Maria, gratia plena" Improvisation personnelle sur les jeux de fonds B+F+P+M (+ou- D) en toccata, puis sur B accompagnée à la voix tessiture soprane "lyrique", puis alto "jazz", retour au thème de la toccata en la mineur sur les jeux de fond/ musique avec pédale
-Broderie personnelle sur un thème de Haendel et sur les jeux de fond en alternance B+F+P+M (+ou- doublette) final PJ+T/ musique avec pédale
avaient été prévus également des extraits de musiques espagnoles ou d'inspiration espagnole:
extrait du Livre Vermeil de Montserrat (collection catalane d'oeuvres médiévales, on peut en entendre le thème ici
ou mieux encore ici, et voir la partition originale ici (partition tombée dans le domaine public)
partitas sur las folias de A. Scarlatti (père de D. 1660-1725) et de Pasquini (1637-1710) et Sud-Américaines: Zipoli 1688-1726,
prélude et rondeau de Dandrieu (1681-1738),
musiques qui pourraient servir d'illustration lors de séances ultérieures, si l'occasion s'en trouve. Ces extraits ont la particularité d'offrir des possibilités de registration contrastées.
Madame Huguette Prempain, notre présidente, dont nous regrettons et excusons l'absence due à des problèmes de santé, avait préparé des extraits de J.S Bach (1685-1750), de Clérambault (1676-1749), de César Franck (1822-1890), que nous espérons entendre par elle lors de futures présentations de l'instrument.
A noter que l'une des personnes présentes a souhaité essayer de jouer l'orgue, l'occasion lui en a été donnée en attendant que le public soit rassemblé à la tribune pour la partie d'explications sur l'orgue lui-même et son fonctionnement. C'est une pratique qui commence à se populariser lors de viste guidées et commentées, elle est des plus souhaitables si l'on désire vraiment que l'intéret pour cet instrument se développe.
reportage Monségur33.over-blog.com
Cette photo a été prise par MC Jean au cours de la visite de l'orgue, ici C.B. montre sur des documents iconographiques personnels la forme des tuyaux des différents registres (croquis et photos) et explique ce que sont les trompettes en chamade et dans quelles régions et pays on peut en découvrir (question posée par le public)
Mademoiselle Jean a personnellement remercié C.B. d'avoir mené cette visite, nous pubions un extrait de son message:
"Toutes mes félicitations encore une fois pour la présentation d'hier.
Pédago, très très intéressante, tu as su valoriser cet instrument
et quant à ton impro, justesse de voix, harmonie avec l'instrument, sensibilité...
Merci de nous avoir offert ce moment MC"