LEVEE DE L’EXCOMMUNICATION
POUR QUATRE EVEQUES
DE LA FRATERNITE St PIE X
Depuis une dizaine de jours, tout le monde en parle. Les opinions divergent, certains vivent cela comme une épreuve, d’autres s’en réjouissent. Les
informations véhiculées par les médias sont plus ou moins exactes, plus ou moins orientées.
Dans le même temps, l’un de ces évêques fait une déclaration télévisée
affirmant qu’aucun juif n’a été exterminé dans les chambres à gaz au cours de la dernière guerre. Tollé général. Déclaration sans ambiguïtés du pape et des
épiscopats condamnant ces positions.
Nos frères juifs sont en souffrance. Les relations au plus haut niveau entre juifs et catholiques se sont tendues, parfois interrompues.
Cependant, s’il ne faut pas confondre ces deux évènements, des questions demeurent. Elles sont graves et nous concernent tous.
L’équipe d’animation pastorale a commencé à y réfléchir. Dans la mission qui est la sienne, elle ne peut ignorer ces évènements. Elle publiera un texte dans les jours qui viennent pour exprimer sa position.
Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la déclaration du Conseil
permanent des évêques de France en date du 28 janvier 2009
DECLARATION DU CONSEIL PERMANENT
DES EVÊQUES DE FRANCE A PROPOS DE LA
LEVEE DE L’EXCOMMUNICATION
La levée, par le Saint –Siège, de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X suscite de nombreuses réactions dans l’opinion catholique et dans la société.
La simultanéité de cette annonce avec la révélation des propos de Mgr Williamson, niant le drame de l’extermination des juifs, provoque une réprobation on ne peut plus légitime.
Les évêques de France condamnent fermement les paroles inacceptables et scandaleuses de Mgr Williamson.
Ils redisent à la communauté juive de France leur engagement indéfectible au dialogue et à l’amitié.
Ils rappellent que Benoît XVI ne cesse de signifier son attachement à une relation fructueuse entre juifs et chrétiens.
Ils précisent instamment que la levée de l’excommunication n’est pas une réhabilitation.
Elle constitue le point de départ d’un long chemin qui supposera un dialogue précis.
En aucun cas, le Concile Vatican II ne sera négociable.
Aucun groupe ecclésial ne peut se substituer au magistère.
Les évêques saluent la volonté du Saint Père d’aller jusqu’au bout de ce qu’il pouvait faire comme invitation à une réconciliation. Ils sont en communion avec lui dans l’exercice de la vigilance épiscopale.
Ils expriment leur soutien et leur reconnaissance aux prêtres, diacres, religieux et laïcs qui composent l’Église catholique en France et animent fidèlement les communautés chrétiennes vivantes et proches des hommes de ce temps.
Paris, mercredi 28 janvier 2009
publié dans dominicales n°120 du 8 février 09