Partager l'article ! The artist, en route pour un oscar? (échos de samedi 10 décembre à l'Eden - 1/2): Certains l'ont baptisé "OVNI" tant était insolite et risqu ...
Certains l'ont baptisé "OVNI" tant était insolite et risquée cette aventure cinématographique: aller tourner à Hollywood un mélo muet en noir et blanc avec des acteurs français!
Les chaines françaises de télé ne se sont pas risquées à cautionner l'aventure, et c'est fort dommage pour elles, car le film est déjà proclamé "film de l'année" par le Time Magazine, et il totalise un bon nombre de récompenses et nominations.
Outre Atlantique le film a remporté trois prix aux New York Film Critics Online (NYFCO) à savoir: meilleur film, meilleur réalisateur ( Michel Hazanavicius) et meilleure utilisation de la musique, et deux prix aux Boston Film Critics Association (BFCA) avec le meilleur film et la meilleure musique pour le travail de Ludovic Bource.
Nous avons eu la chance d'avoir Fabien Ruiz, le chorégraphe de ce film,
à L'Eden de Monségur, dans le cadre des 10 ans de l'inauguration du cinéma (reconstruit en centre culturel), après la représentation ce passionné nous a tenu en haleine en nous racontant l'histoire de la fabrication de ce film, et
nous a régalés de détails musico et choré graphiques
car qui dit cinéma muet, dit musique d'accompagnement, et l'époque évoquée, le passage du muet au cinéma parlant, ouvre également la porte sur les merveilleuses comédies musicales qui firent la part belle aux claquettes.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire et dire un peu à la "légère", The artist n'est pas qu'un mélo, il n'est pas qu'un film truffé de citations cinéphiles, il n'est pas qu'un rôle en or pour 3 petits chiens savants, il n'est pas du tout un film passéiste, il n'est pas un pastiche ou une caricature, il n'est pas une simple évocation ou copie évocation de Chaplin, Fairbank, Rudolf Valentino et leurs partenaires féminines, pour ne nommer qu'eux, il n'est pas qu'une "reconstitution" d'époque et d'atmosphère en décors authentiques, il n'est pas qu'un "petit bijou" en forme de madeleine de Proust, c'est un film d'auteur créatif et d'artistes consommés, artistes acteurs, compositeur, musiciens, chorégraphe, comme artistes maquilleurs, costumiers, accessoiristes, éclairagistes, cadreurs, monteurs...
C'est un film où sans parler, on joue "sur les mots" et le début nous met tout de suite dans l'ambiance: "Je ne parlerai pas!" dit George Valentin (alias Jean Dujardin) dans cette scène de torture projetée sur grand écran dans une salle à grand spectacle, alors qu'il est au faîte de sa carrière et que rien ne peut lui faire supposer une proche descente aux enfers.
Ce n'est pas qu'une réplique, se taire est sa ligne de conduite, celle qui va le ruiner!
Une des scènes parmis mes préférées (vous pensez bien que parmi mes préférées, il y a celles où Jean Dujardin danse seul, puis en couple avec Bérénice Bejo) est celle où Georges Valentin rêve qu'il est muet, je n'en dis pas plus, mais je souligne ce moment pour attirer l'attention, mettre le doigt sur le fait que ce film est une oeuvre actuelle, écrite aujourd'hui, avec un "langage" et des effets actuels.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la Rose pourpre du Caire (1985), dont l'action se situait à ce moment charnière du passage du muet au parlant, et à la disgrâce de l'actrice qui avait une voix si horrible qu'on ne pouvait plus lui trouver aucun rôle. Ce film avait été qualifié d' "OVNI" égalementen son temps! pour d'autres raisons et son réalisateur Woody Allen avait à sa manière très particulière entre rêve et réalité, voulu rendre hommage aux comédies des années 30 et aux charmes de l'imaginaire. Cette fable surréaliste m'avait enchantée!
Celle-ci ne me ravit pas moins.
Et nous espérons qu'elle comblera ses créateurs et investisseurs comme ses spectateurs, pas de spectateur, plus de cinéma!
Outre des détails d'ordre technique que je mettrai au pied de cet article, je veux laisser la place aux débats menés par Fabien Ruiz, ils seront dans quelques jours sur notre prochain article à ce sujet, avec, bien sûr la partie "leçon de tap dance" qu'il a généreusement donnée sur la scène (au parquet de bois) du cinéma de Monségur!
Quelqu'un me disait cette semaine "Comment se fait-il qu'il n'y ait pas une magnifique salle des fêtes à Monségur?"
Alors, à Monségur, il y a un centre culturel tout neuf (datant à peine de 10 années) situé à l'Eden, où l'on peut aussi bien voir des films 2D et 3D, que visionner à grande échelle des documents informatiques audiovisuels, applaudir des pièces de théâtre, des concerts ou des ballets, et tenir des colloques ou des débats-conférences.
Il y a le Foyer Municipal, qui périodiquement doit voir refaire l'enduit de ses murs, rapport au salpètre!
Il y a la Halle qui nous sert lors de toutes les manifestations importantes, dont les foires, marchés, les spectacles d'été,
et il y a l'auditorium du collège Eléonor de Privence, car ne pas oublier que cet établissement est un collège voué à l'enseignement de l'improvisation (mais oui, l'improvisation, ça s'apprend, et en groupe!)
donc nous pouvons dire que notre fière cité est particulièrement dotée en lieux de spectacles et de culture!
Et que les bénévoles y ont la part belle, que seraient Monségur et son canton sans le bénévolat permanent?
Détails techniques sur The Artist et son équipe:
The artist produit par Thomas Langmann, est entre autres un hommage aux films muets des années 1920, s'inspirant d'ailleurs de la véritable histoire de John Gilbert et Greta Garbo.
Sociétés de production La Petite Reine
Studio 37
France 3 Cinéma
Warner Bros.
La bande originale a été éditée par le label Sony Classical et a été distribuée dès le 10 octobre 2011.
Récompenses
2011 :
Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2011 pour Jean Dujardin
Palme dog pour Uggy (chien).
2 Spotlight Awards au Hollywood Film Festival (en) pour Jean Dujardin et Bérénice
Bejo.
Audience Award en tant que Best Narrative Feature au Festival international du film des Hamptons pour Michel
Hazanavicius.
Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Michel Hazanavicius aux New York Film Critics
Circle
et de la meilleure utilisation de la musique pour Ludovic Bource.
Prix du cinéma européen de la meilleure musique de film.
Prix du meilleur film de l'année aux Washington D.C. Area Film Critics Association
Prix du meilleur film aux Boston Film Critics Association (BFCA)
et de la meilleure musique pour le travail de Ludovic Bource.
Le film vient d'être élu "film de l'année 2011" par le fameux Time Magazine
Nominations
2011 :
Nommé aux Prix du cinéma européen dans la catégorie meilleur film.
pour d'autres détails, en particulier sur la musique de ce film, je vous renvoie à cet article bien documenté déjà de Wiki: http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Artist
les récompenses pleuvent!
et les articles élogieux:
"Il y a une chose qui est passée inaperçue en France, mais pas pour nous à Londres, c'est le triomphe du film "The Artist" aux BAFTAS. Les BAFTAS, c'est l'équivalent des Césars en France, sauf que les films sont internationaux. Et "the Michael Hazanavicius' silent movie", comme on dit ici, a raflé pas moins de 7 trophées sur 12 nominations (excusez du peu !) dont celui de meilleur film et de meilleur acteur, Jean Dujardin damant le pion à George Clooney et Brad Pitt. Si notre acteur national avait un rêve gamin, je pense qu'il est en train de se réaliser cette année, en attendant les Oscars à Hollywood ou beaucoup ici lui prédisent une soirée triomphante. "
tiré de "la semaine du pays basque"
Il n'a pas eu sa soirée triomphante en France, tant pis! Le film a tout de même raflé 6 césars et heureusement sa partenaire actrice l'un d'eux.
La modestie de Jean Dujardin n'aura pas à souffrir donc dans notre pays!
Il n'en reste pas moins que nous continuons à tirer personnellement notre chapeau (Zacch et moi) à sa merveilleuse performance d'acteur!
Il l'a eui son OSCAR!
E VIVA!